Islande

Cela faisait longtemps que j’avais envie de faire ce voyage. Et puis finalement, un peu sur un coup de tête, profitant de tarifs intéressants hors saison, nous nous décidons à passer une dizaine de jours en Islande.

On est fin mars, c’est encore l’hiver en Islande. Du coup, pas facile de prévoir un itinéraire car en dehors de la route N1, l’ouverture des routes se décide jour après jour, voire heure après heure. Inutile donc de réserver un gîte si on n’est pas sûr de pouvoir y arriver. Et c’est tant mieux, cela laisse davantage de place au voyage !

Avant de partir, j’avais tout de même repéré quelques incontournables qui devraient rester accessibles sans trop de difficultés quelles que soient les conditions météo. Je décide donc cette fois d’emporter mon reflex, différents objectifs,  ainsi qu’une petite chambre photographique 4X5” pour quelques  polaroids.

Après une courte nuit passée à Reykjavik, direction le sud du pays, Vik précisément.

C’est sous un grand soleil que nous parcourons les quelques 180 km qui séparent la capitale de la petite ville de Vik. Sur la route, on passe devant deux cascades bien connues en Islande, Seljalandsfoss et Skógafoss. Par beau temps, on aperçoit un arc en ciel devant cette dernière cascade, c’est assez irréel.


Skógafoss devant laquelle se dresse un arc en ciel

LE SUD : VIK et JOKULSARLON

On arrive finalement à Vik en début de soirée. Je tente de profiter au maximum de la belle lumière encore présente. 

Plage de Reynisjara - Au loin, les pics de Reynisdrangar

Le site est très riche en spots photographiques : notamment les pics de Reynisdrangar représentés ci-dessus, la plage de Reynisfjara et l’arche de Dyrholaey ci-dessous.

Arche de Dyrholaey

J’avais entendu parler d’un avion américain qui s’était écrasé pendant la seconde guerre mondiale dans ce coin, à une dizaine de kilomètres de Vik. Ce n’est pas évident à trouver car il n’y a aucune indication. C’est après pas mal de tentatives infructueuses qu’on finit par dénicher la piste menant au site à une dizaine de kilomètres avant Vik sur la droite.

DC3 écrasé pendant la seconde guerre mondiale sur une plage près de Vik

Ces deux jours passés ici ont été fabuleux, et il en faudrait bien plus pour exploiter pleinement cet endroit. Je me dis que si l’occasion se présente, on ne manquera pas de repasser par là.

Pour l’heur, direction Jokulsarlon : 200km de route. Le Jokulsarlon est le plus grand des lacs proglacières d’Islande. Sa particularité réside également dans le fait que des blocs de glace se détachent du glacier et viennent s’échouer sur la plage de sable noir en suivant le cour d’eau qui relie le lac à la mer.

Ce déversement continu de petits icebergs sur la plage offre une vision assez irréelle. C’est un incontournable lors d’une visite du sud de l’Islande.

J’y retournerai à plusieurs reprises, sous différentes lumières, en me disant que je ne suis pas prêt de revoir pareille scène…


Bien fatigué par ma journée, je sors de l’auberge de jeunesse pour fumer une cigarette et en levant la tête j’aperçois un début d’aurore boréale. Elle n’est pas très spectaculaire car le ciel est éclairé par la pleine lune, mais elle est bien visible !

Je suis rincé, mais je me dis que le spectacle doit être superbe au dessus du lac du Jokulsarslon, alors je décide de prendre la route et de faire les 10 km qui nous séparent du lac. J’arrive juste à temps car le ciel se sera complètement couvert juste après que j’ai eu le temps de prendre cette photo.


Le Jokulsarlon

Après avoir passé deux jours en auberge de jeunesse près du Jokulsarlon, nous optons pour un itinéraire qui devrait nous conduire à l’opposé de l’île, dans les Fjords du nord-ouest. Deux solutions s’offrent alors : longer l’île par l’est ou revenir sur nos pas en repassant par le sud puis Reykjavík.

Ce n’est pas très rationnel mais nous optons pour cette deuxième solution. Elle permet de repasser du temps dans la région de Vik et puis la météo est sensée se dégrader très vite désormais ce qui me fait hésiter à passer directement par l’est puis le nord du pays.

Les 180 km de route retour vont être vraiment difficile car ils se feront sous une véritable tempête de neige qui plongera tout le pays jusqu’à notre départ sous un épais manteau de neige et de glace. J’ai vraiment cru qu’on resterait bloqué sur la route, et dans une telle situation, c’est avec grand plaisir que vous apercevez dans votre rétroviseur un de ces énormes ‘monster 4X4’ que l’on croise souvent en Islande et qui s’apprête à vous doubler alors que vous roulez à 10km/h bon poids… On se sent moins seul sur la route d’un coup, et surtout, on en profite du large sillon qu’ils ont tracé dans la neige pour souffler un peu.

On finit par arriver à Vik après une journée éprouvante. Heureusement, la prochaine nuit se passera dans ce qui restera le meilleur hébergement de tout notre séjour en Islande : nous sommes chez Ragnar, dans un petit chalet en bois situé sur la plage même de Reynisfjara. Un vrai petit paradis ! La gentillesse de Ragnar et la qualité de ses chalets valent vraiment le détour si vous avez l’occasion de passer dans la région. Il n’est listé dans aucun site d’hébergement, il faut le contacter directement par son site ici : http://www.reynisfjara-guesthouses.com/en/the-cottages

Le lendemain matin, ce sont les mêmes paysages déjà parcourus qui s’offrent à nous, mais cette fois sous un manteau de neige et par un vent à décorner un viking.


J’ai envie également de revenir sur le site du DC3. La piste est complètement recouverte de neige et se dégage simplement lors de l’arrivée sur la plage. L’ambiance est très différente de celle que nous avons connue quelques jours auparavant. Le temps varie à une vitesse impressionnante ! 

Nous repasserons par Reykjavík avant de repartir. L’idée est toujours de rejoindre les Fjords du nord-ouest si bien sûr la météo le permet.


L’OUEST : LA PENINSULE DE SNAELFELLSNES

Auparavant, c’est une étape dans la péninsule de Snaefellsnes qui nous attend. Celle-ci est réputée pour offrir un condensé de l’Islande. C’est également là, à l’extrême ouest de la péninsule sur la montage Snaefellsjökull que Jules Verne situe l’entrée de l’intérieur de la terre dans son ‘Voyage au centre de la terre’.

Nous passerons deux jours à Grundafjordur, une petite ville du nord de la péninsule car elle semble idéalement située : en effet, elle est au pied d’une montagne mythique pour les islandais, le Kirkjufell et elle est près de l’embarcadère qui permet de rejoindre les Fjords du nord-ouest par ferry si les routes devaient être bloquées.

Kirkjufell

L’église noire de Budir

Finalement, un changement de programme va s’imposer : il continue de neiger et à peu près toutes les routes situées dans les Fjords du nord-ouest sont fermées. Impossible d’y aller par la route et le fait de rejoindre le nord en bateau ne présente guère d’intérêt si après 2 heures de traversées on ne peut emprunter aucune route…

Je vais donc réfléchir à une autre destination accessible. Il semble possible de pousser plus au nord si on rejoint la N1. Cap donc sur la péninsule de Vatness et sur un des trolls les plus connus d’Islande, le Hviteserkur.


LE NORD : LA PENINSULE DE VATNSESS

Encore une très belle péninsule qui vaut largement le détour. Elle est notamment connue pour abriter un des trolls les plus connus d’Islande, Hvitserkur.


Hvitserkur.

Le voyage touche à sa fin. Il nous reste deux jours avant de reprendre l’avion. Il est temps de se rapprocher de la capitale et de l’aéroport. Ces deux jours verront le temps se radoucir considérablement, mais du coup, nous resterons sous une pluie ininterrompue, rendant toute sortie sans grand intérêt. On ne va pas se plaindre. Malgré le froid, le vent et la neige de ces derniers jours, nous avons eu pas mal de chance en visitant l’Islande à cette époque de l’année. 

Au final, ce pays mérite largement sa réputation, et je ne saurais que vous encourager à le visiter si vous en avez l’occasion. 

Je termine avec quelques clichés pris à la chambre 4X5”. Il s’agit de quelques exemples de négatifs de polaroids 4X5” que j’ai d’ores et déjà javélisés et scannés. Le maniement de la chambre n’a pas été aisé avec le froid et le vent. Surtout, le film n’a guère aimé le froid ce qui a donné parfois des résultats étonnants à la révélation de la photo. Mais ce rendu ne me déplaît pas. A voir ce que cela donnera sur les clichés restant.


Je profite également de l’occasion pour annoncer ma prochaine exposition sur le thème des hautes latitudes. Le vernissage est prévu le 6 juin 2015 à l’Atelier de Palerme à l’Isle sur la Sorgue. On vous y attend si vous passez dans le coin !

Boris

© Boris Dumont 2009-2016
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